mémento d’anglais #4

Made in Canada #2

Parlez-vous canadien ?
Do you speak Canadian?

Hi!

On parle souvent de la différence entre le British English et l’American English, et souvent on oublie qu’il y a beaucoup d’autres pays dont l’anglais est une langue officielle.
Je suis tombée sur cet article du Tea Time-Mag, méthode en ligne pour apprendre l’anglais avec des articles sur les pays et les cultures anglophones, et j’ai eu envie de parler de l’anglais canadien. Après avoir parlé des expressions québéquoises (lien à venir made in canada #1), cela s’imposait !

Parlez-vous Canadien ?

L’argot canadien emprunte à des douzaines de langues et provient des héritages multiples du pays. Martha Nelson nous emmène faire un petit tour linguistique.

Texte de : Martha Nelson
Pays : Canada
Lien vers l’article en anglais
Traduction : Moi-même

Quelqu’un qui s’est déjà aventuré au Canada, ou dans le Grand Nord comme on le nomme affectueusement, sera familier de certains mots spéciaux et de ces expressions idiomatiques uniques que l’on n’utilise que dans cette partie du monde. Le Canada est un pays culturellement riche et varié qui a accueilli de nombreux immigrés arrivant des quatre coins du monde, le pays peut se vanter d’un argot et d’expressions qui se sont développées en s’imprégnant des influences historiques variées pour créer et devenir la langue moderne actuelle du Canada.
En plus des deux langues officielles, le français et l’anglais, le Canada abrite plus de 65 langues et dialectes aborigènes distincts. De plus, 20 % des Canadiens parlent une langue autre que le français ou l’anglais à la maison.

Cette énorme diversité linguistique a permis le développement de langues et dialectes mélangés comme l’acadien français, le gaélique canadien, le franglais, le jargon chinook et le pidgin basque. D’autre part, quantité de mots nouveaux et intéressants se sont intégrés à l’anglais canadien.

Eh, Mountie, double-double

Parmi les canadianismes les plus connus, vous avez peut-être déjà entendu “Eh”, “Mountie” ou encore “double-double”. Mais ces mots sont loin de montrer toute l’étendue des canadianismes modernes et ne font que gratter la surface de la diversité culturelle canadienne.

Mais que signifient ces mots ? “Eh?” est un mot rapide et simple qu’on prononce comme la lettre ‘A’ en anglais [ou comme pour dire hey] et que l’on ajoute à la fin des phrases pour dire « tu n’es pas d’accord ? » ou « pas vrai? » : Tea-Time Mag sure is great, eh?

Un “Mountie” est un membre de la police montée canadienne, the Royal Canadian Mounted Police, aussi connue sous l’acronyme RCMP, célèbre pour ses uniformes rouges, ses chapeaux à bord large et, bien sûr, ses chevaux (c’est la police « montée » après tout). Bien que les officiers de la RCMP modernes ne revêtent plus que rarement leur uniforme traditionnel, ou même ne montent plus que rarement à cheval, les Mounties sont toujours présents lors des cérémonies et des grands événements.

Un “Double-double” est un type de café rendu célèbre par la chaîne de restauration rapide canadienne « Tim Horton’s ». Cela veut dire “two creams and two sugars” (deux crèmes et deux sucres). Vous pouvez également avoir entendu des gens commander des “triple-triple” ou même des “quad-quad” s’ils sont fanas de sucré.

Outre ces mots courants, vous pouvez rencontrer des mots moins connus comme “pop”, qui se réfère à des boissons gazeuses comme le Coca ou le Pepsi ; et “Canuck”, un mot d’argot pour désigner les Canadiens. Vous entendrez aussi les gens parler de “loonies”, qui désignent les pièces canadiennes de $1, et de “toonies”, pour les pièces de $2. Ce nom vient de la représentation de l’oiseau canadien, le plongeon huard (the ‘loon’ en anglais), qui se trouve au dos des dollars canadiens.

Excentricités de Terre-Neuve

De nombreux mots régionaux se réfèrent à des lieux, comme “T-dot” pour Toronto ou “The Peg” pour Winnipeg. Le “GTA” est l’abréviation de “Greater Toronto Area” (le ‘Grand Toronto’ en français qui désigne l’aire urbaine autour de Toronto). Ces indicatifs sont connus de nombreux Canadiens. Vous pouvez aussi entendre les gens appeler Terre-Neuve (‘Newfoundland’ en anglais) le “Rock” (le rocher), et les terreneuviens (‘Newfoundlanders’) disent “the mainland” (‘le continent’) pour parler du reste du Canada.

Darren, qui habite Terre-Neuve, explique que “la plupart de [la] terminologie provient du vieil anglais et de l’écossais. Vous entendrez des gens dire ‘me old trout’ (ma vieille truite) comme surnom affectueux ou ‘me old cock’ (mon vieux coq) entre hommes. ‘Nary the one’ est une façon courante de dire ‘another one’ (un(e) autre). Nous utilisons également la préposition ‘to’ différemment. Je dirais plutôt ‘where are you to’, au lieu de simplement ‘where are you’ (où es-tu? ), ou ‘where is that to?’, pour dire ‘where about is that?’ (à quoi ça sert?)”.

“Une de mes expressions terreneuviennes favorites est ‘what’s after happening now’”, dit Sydney. “Les gens diront cela au lieu de ‘what’s going on’ ou ‘what did I miss’ (qu’est-ce qui se passe ?, qu’est-ce que j’ai manqué?), par exemple en entrant dans une salle où tout le monde rit et qu’on veut savoir ce qu’il y a de drôle”.

“‘By’ aussi est courant,” note Darren. “On dira cela pour ‘pal’, ou ‘buddy’ (pote, copain). Si vous entendez un terreneuvien dire “buddy”, il parlera de quelqu’un qu’il ne connait pas ou qu’il n’aime pas nécessairement, mais s’il dit ‘by’, il parle d’un ami. Vous pourrez aussi entendre que quelqu’un est ‘nish’, ce qui signifie qu’il est ‘weak of body’ (faible physiquement), par exemple pour parler de quelqu’un qui est incapable de couper du bois”.

“Je me souviens avoir été perplexe en entendant les gens parler de ‘skipping pans’ (sauter les blocs)” raconte David, un habitant de l’Ontario qui habite maintenant en Terre-Neuve. “Je n’arrivais pas à voir de quoi ils parlaient jusqu’à ce que je réalise qu’ils parlaient de blocs de glace (ice pans) et de la façon dont ils sautaient parmi les blocs quand ils étaient enfants. Les terreneuviens ont un tas d’expressions pour parler de la météo, comme le ‘lazy wind’ (vent paresseux) qui souffle directement à travers vous au lieu de vous contourner”.

Les provinces atlantiques à l’Est du Canada sont souvent vues comme les communautés les plus distinctes au niveau linguistique du Canada anglophone. Peut-être à cause du fait qu’elles ont été habitées pendant plus longtemps par des anglophones, ou peut-être à cause des siècles d’immigration sur les côtes et de l’influence culturelle de ces nouveaux arrivants, les habitants des Provinces Maritimes (soit le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard : les ‘Maritimers’) et de Terre-Neuve ont développé une façon de parler qui leur est propre.

Hockey, Cowboys et Jargon Chinook

D’autres expressions se réfèrent à l’histoire des régions et aux influences culturelles. Dans le centre du Canada par exemple, les habitants utilisent un langage proche de celui de leurs voisins du Sud, ils disent par exemple “clicks” au lieu de kilomètres, ou “kitty-corner” pour décrire deux choses situées à l’exact opposé l’une de l’autre. On dit par exemple, “the bank is kitty-corner to the post office”. Une autre expression courante est de dire “give’er” une version abrégée de “give her your all” (fait tout ton possible pour elle), et “takitish”, de l’argot pour dire “take it easy” (ne te fais pas de souci).

“Beaucoup de notre argot vient du hockey”, ajoute Vanessa de Toronto. “On dit par exemple de quelqu’un que c’est un ‘rinkrat’ pour dire que c’est une personne qui passe beaucoup de temps sur une patinoire de hockey. Nous avons aussi ‘deke’ qui signifie ‘to fake out’ (faire semblant, feinter) : lorsque tu prétends faire quelque chose mais qu’en fait tu fais autre chose. On voit ça beaucoup au hockey lorsqu’un joueur ‘dekes’ son opposant”.

Dans les provinces de l’Ouest, vous pouvez rencontrer des mots en rapport avec l’héritage des cowboys, comme “gitch”, pour parler des sous-vêtements masculins et “gotch” pour ceux des femmes. “Kicks” se réfère aux chaussures, et “shitkickers” est un mot d’argot pour parler des bottes de cowboy, parce qu’elles sont souvent couvertes de purin.

L’Ouest est aussi l’aire d’origine de larges communautés aborigènes du Canada et de fait du Jargon Chinook. Ce dialecte est un mélange de diverses langues autochtones et d’anglais et peut être entendu dans certaines parties du Canada mais aussi des États-Unis. L’utilisation du Jargon Chinook dans les régions d’Alberta, de la Colombie-Britannique (British Columbia), et de Manitoba a mené à l’intégration de divers mots inuit en anglais. Quelques exemples courants : “skookum”, un mot traditionnel qui veut dire fort, vigoureux ou brave. “Anorak” est un manteau chaud ; “inuksuk” est un monument en pierre construit par l’homme ; et “chinook” est un vent chaud et sec qui cause une hausse de température.

En Colombie-Britannique, vous entendrez aussi dire “chuck” ou “saltchuck”, pour parler du détroit et d’autres eaux intérieures entre Vancouver et Vancouver Island.

Deux mots supplémentaires, qui son utilisés couramment dans le monde anglophone et qui pourtant tirent leur origine de l’inuit, sont “husky” et “kayak”.

Sydney, qui habite en Nouvelle-Écosse (Nova Scotia), se rappelle sa première visite en Ontario : “J’ai noté des différences d’accent. Dans les provinces atlantiques, les gens aspirent en disant ‘yup’. J’appelle un loser un ‘duster’, et quelqu’un en qui on ne peut pas avoir confiance un ‘scivey’, alors qu’en Ontario les gens disent ‘skid’ ou ‘hoser’. On dit également beaucoup ‘true’ en Ontario”.

Ellen de l’île du Prince Édouard affirme que “il y a des tas de mots et d’expression typiques de PEI (Prince Edward Island). Certaines sont assez courantes comme ‘kitbag’ pour dire ‘backpack’ (sac à dos), ‘jigamirandee’ ou ‘doohickey’ pour parler de quelque chose dont on ne connait pas le nom et ‘stog’, pour dire qu’on remplit quelque chose à fond. Mais certaines expressions sont moins connues comme ‘close the door over’ qui signifie en fait de laisser la porte entrouverte et ‘I’ve got a belly on me like a poisoned pup’ qui veut dire simplement ‘I’m too full’ (j’ai trop mangé)”.

A cause des conditions climatiques extrêmes au Canada, il n’est pas surprenant que dans d’autres régions que Terre-Neuve, on ait aussi développé des expressions pour parler du temps qu’il fait. En Colombie-Britannique, on parle de “soakers”, des grosses flaques d’eau qui vous trempent les pieds. Ou les vents “Chinook” dont on a déjà parlé qui réchauffent les pairies en hiver, aussi connus sous le nom de “snow-eater” (le mangeur de neige) ou le “rancher’s friend” (l’ami des ranchers et des éleveurs). Le “Yoho Blow” est le contrepoids froid du Chinook et peut aussi être appelé le “woolly whipper” (le fouetteur de laine) ou “the barber” (le coiffeur / le barbier). En Nouvelle-Écosse, sur l’île du Cap-Breton, les vents locaux et destructeurs sont appelés “Les Suetes” qui vient du français ‘sud-ouest’.

Les expressions canadiennes de la vie courante reflètent les éléments divers de la culture canadienne : son histoire linguistique et multinationale diverse, en particulier de ses communautés françaises et gaéliques ; sa météo et son climat intenses ; et la vie moderne, hockey inclus !

Si vous avez la chance de visiter le Canada, parlez avec les Canucks, mangez de la poutine, rencontrez quelques rinkrats à un match de hockey, and just takitish. Eh?

Influence du français sur l’anglais canadien

“Toque” est un exemple de mot français traditionnel qui s’est intégré à l’anglais canadien grâce à l’influence de la communauté francophone. Une “Toque” est tout simplement un bonnet ou un chapeau d’hiver en laine.

Un autre exemple de l’influence francophone sur l’anglais canadien est la “poutine”, un mets délicieux composé de frites, de jus de viande et de fromage en grains que vous devez absolument tester lorsque vous visiterez le Canada.

Bye!

 

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